Vladimir Poutine et l’Europe

Vladimir Poutine est un homme politique du siècle précédent, mais qui opère dans notre temps. Le chef du Kremlin observe la carte du monde avec un œil différent de celui de nos dirigeants occidentaux. Lorsque les leaders Britanniques ou Allemands regardent leurs voisins, ou bien des pays plus lointains, ils réfléchissent alors au meilleur moyen de coopérer pour atteindre des objectifs communs. Poutine ne voit le monde qu’en termes Darwinien : il y a les forts, et il y a les faibles.

 

Alors que voit le Président Russe lorsqu’il regarde l’Europe ?

 

Il voit un continent en crise profonde qui n’arrive semblerait-il jamais à se dresser comme un seul homme. L’union est plus divisée que jamais, en plus d’être esseulée.

 

Le Royaume Uni, l’un de ses membres les plus importants, négocie sa sortie suite à un référendum dramatique. Les partis d’extrême droite majoritairement favorables à la Russie ont considérablement gagné en popularité à travers tout le continent, et mettent une pression gigantesque sur les gouvernements actuels qui, s’ils ont réussi à sortir de la marée populiste sans trop de dégâts en 2017, n’auront pas forcément le droit à une seconde chance si ils n’obtiennent pas de résultats tangibles. ClsMwJzUYAAk4YfLa crise des migrants – que Poutine a souhaité empirer justement afin d’aider les partis radicaux de droite – est loin d’être résolue, et aura au moins amplement contribué à l’affaiblissement du « seul homme en Europe » : Angela Merkel, qui, même si elle paraît sortir la tête de l’eau, n’émergera pas renforcée de sa quête pour une coalition.

 

De plus, la crise des migrants aura semé la zizanie en Europe de l’Est, où la République Tchèque, la Slovaquie, la Pologne et le Hongrie ont catégoriquement refusé les quotas pourtant imposés par une décision de la cour de justice de l’Union Européenne – une décision qui n’a fait qu’exacerber l’hostilité déjà présente dans ces pays vis-à-vis de Bruxelles. Ces nations se réjouissaient, et se disaient même fières de devenir des membres de l’Union lorsqu’ils y avaient gagné accès, et se plaignent désormais fréquemment des choix de la commission Européenne. Et même si un léger murmure de renouveau Européen semble circuler suite à la victoire d’Emmanuel Macron en France, et que certains de ces pays pourraient rentrer un peu plus dans les rangs, un seul président ne pourra jamais unir le continent au point de dissuader le Président Russe de se jouer des démocraties occidentales comme bon lui semble – surtout à la vue de l’individualisme ambiant.

 

Pour ceux qui connaissent la mentalité Slave, l’apparence est primordiale, parfois même plus que la substance. L’Union Soviétique a usé et abusé de la projection d’un modèle économique unique et fort, le tout supporté par un arsenal nucléaire capable d’annihiler plusieurs fois la surface de la terre – une stratégie qui a causé l’implosion de leur système. Il faut entendre par là que ce n’est pas à un ancien membre du KGB, maître du bluff, que l’on va apprendre à arranger un écran de fumée. Le dernier programme militaire de l’OTAN – the Enhanced Forward Presence (EFP) – est facilement reconnaissable pour ce qu’il est : une parade militaire insignifiante. natoDestiné dans les textes à gonfler la présence militaire de l’organisation en Europe de l’Est face à l’agitation régulière des troupes Russes, le programme EFP n’a pour but réel que de rassurer les populations locales des pays Baltes et de la Pologne, car la réalité des faits est bien différente – une réalité dont les généraux et hommes politiques de ces pays ont bien conscience. Le monde n’est pas dupe, et Vladimir Poutine non plus : l’OTAN ne serait rien sans le support financier et militaire des Etats-Unis, sauf que Donald Trump souhaite drastiquement diminuer l’apport économique de son pays à l’organisation, et que le dernier char armé Américain présent sur le continent Européen a été renvoyé de la base Américaine de Ramstein en Avril 2013. Pour parler franchement, l’OTAN dans son état actuel n’a pas la capacité pour répondre à une éventuelle agression militaire Russe envers les pays Baltes ou la Pologne – sans même parler de l’Ukraine qui n’est pas membre de l’organisation, et qui reste donc à la merci totale de Vladimir Poutine.

 

Pour conclure, il faut tout de même rappeler le cas de la Turquie, qui s’est retrouvée isolée suite à la rupture des négociations pour une éventuelle accession à l’UE. Cet évènement a particulièrement agacé Tayyip Erdogan, et comme par hasard nous assistons depuis à un rapprochement continue de la Russie et de la Turquie. 58af16dd38f145259e3e8922624da226.jpgEn effet, Erdogan ne se prive pas de la chance d’avoir un homme fort comme Vladimir Poutine pour l’épauler dans sa lutte contre l’occident donneur de leçons, et le leader du Kremlin accueille d’un bon œil l’opportunité d’un allié au sud de l’Europe, qui lui offrira un accès inconditionnel à la Mer Méditerranée – l’Europe semble esseulée, divisée, et même encerclée, ce qui signifie aux yeux de Vladimir Poutine : L’Europe est faible.

 

FYI France.

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