Les 80km/h sont-ils justifiés au regard de ce qu’il se fait à l’étranger ?

La France a réduit en Juillet la vitesse autorisée sur ses petites routes de 90 à 80km/h, c’est pourquoi nous avons décidé de mettre cette loi encore nouvelle en contraste avec ce qu’il se fait à l’étranger, pour voir si elle est justifiée.

Afin de comprendre où se situe la France dans le contexte international, nous avons essayé d’établir un lien entre le taux de mortalité sur les routes, et d’autres chiffres que nous estimons révélateurs. Nous nous sommes posé quatre questions concernant les pays qui ont une mortalité routière inférieure à la nôtre : Quel est le taux précis de mortalité de ces pays ? Quelles sont leurs limites de vitesse ? La longueur du réseau routier a-t-elle une influence sur les chiffres ? Et enfin combien de véhicules par milliers d’habitants ces pays comptent-ils ?

Tout d’abord, les chiffres utilisés ici viennent de l’Organisation Mondiale de la Santé pour le taux de mortalité par pays, et de Wikipédia pour les réseaux routiers, le parc automobile et la vitesse autorisée par pays.

Au vu des statistiques et une fois que nous mettons le taux de mortalité Français de 4.86 par 100.000 habitants dans un plus grand contexte, nous nous apercevons que la France n’est pas si mauvaise élève que ça. Les États-Unis (10.04), le Canada (5.26), le Portugal (6.11) ou encore notre voisin la Belgique (6.61) ont tous un taux supérieur au nôtre, alors que les autorités de ces pays ne sont pas particulièrement connues pour leur laxisme – bien au contraire pour les États-Unis par exemple.

S’agissant du réseau routier, la France compte le plus grand réseau du continent Européen avec 1.07 millions de km, loin devant les 644.175 km Allemands, les 683.175 km d’Espagne ou les 422.310 du Royaume Uni. La France a donc le quatrième plus grand réseau routier du G7, et le huitième réseau mondial. En comparaison, les États-Unis ont plus de 6 millions de kilomètres routiers, et le Canada compte 1.42 millions de kilomètres – si peu pour un pays 16 fois plus grand que la France. Même si ce facteur n’est jamais observé dans les études, plus de routes se traduit normalement par plus de trajets et donc une probabilité plus élevée d’accidents. Parmi les pays ayant un taux de mortalité inférieur, seul le Japon (3.04) a un réseau routier supérieur au nôtre – avec 1.21 millions de km. Il apparaît ici comme étant le seul facteur qui semble avoir un impact sur le taux de mortalité.

Nous roulons également moins ou aussi vite que des pays ayant un taux de mortalité réduit. Des pays comme l’Allemagne, l’Espagne, les Pays-Bas, l’Irlande ou le Royaume-Uni ont tous des taux de mortalités plus faibles mais autorisent parfois une vitesse allant jusqu’à 100km/h sur leurs petites routes. La Suède qui présente le taux de mortalité le plus faible d’Europe permet aussi une vitesse de 100km/h sur certains de ses petits tronçons routiers – il faut également noter ici que son réseau routier nous est inférieur de moitié, et son parc automobile légèrement au-dessus.

Concernant maintenant notre moyenne de voiture par milliers d’habitants, elle est semblable aux autres. Avec une moyenne de 578 pour la France, seule l’Italie est largement au-dessus en Europe, avec une moyenne de 679. En comparaison, les États-Unis et le Canada ont une moyenne respective de 910 et 662. Ce chiffre semble avoir peu de conséquence, mais il est tout de même important de le signaler.

Si la vitesse est sans nul doute synonyme de tragédie lors d’un accident, elle n’en est pas toujours un facteur. Même si l’Observatoire national Interministériel de la sécurité routière affirme que la vitesse est en 2017 la cause première d’accident en France, d’autres études internationales ont démontré que la cause première est en réalité l’inattention (ou distraction) au volant : l’usage du téléphone, manger et l’application de maquillage rentrent ici en considération. Parmi toutes les causes d’accident, nous comptons aussi l’alcool, l’incivilité, la pluie, le non-respect du code de la route, la conduite de nuit, ou les défauts de la route – ces derniers dont l’occurrence augmente considérablement avec la longueur du réseau routier du pays.

La vitesse semble n’être qu’un facteur parmi d’autres, c’est pourquoi il est possible de remettre en question le bien-fondé de cette loi sans pour autant tomber dans l’extrême. Et même s’il faut imaginer que cette mesure part d’une bonne intention, seul des résultats positifs pourront prouver que le gouvernement a eu raison de faire passer cette loi malgré la colère qu’elle a pu générer – la patience est donc de mise.

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